communauté invisible

16 avril 2017

Se cacher dans la caverne de la pierre

Que signifie ce titre sybillin ? C'est une métaphore biblique, reprise par Jean de la Croix.

Le Christ est vu comme une pierre. Il est ferme, c'est un abri sûr, comme un rocher, un signe de contradiction, comme une pierre d'achoppement, la mesure de toute construction, comme une pierre d'angle. Le Christ est donc une pierre. Mais cette pierre renferme une caverne, des cavités. La caverne est un lieu de naissance, utérin, où Dieu se révèle (Moïse). Ce que renferme le Christ c'est la mystérieuse Sagesse de Dieu. Enfin, se cacher dans la caverne de la pierre, c'est vivre "en" Christ, l'imiter, non pas matériellement mais spirituellement, et s'enfoncer toujours davantage dans l'amoureuse et mystérieuse Sagesse de Dieu qui dicte sa vie.

N'est-ce pas étrange ? Vouloir goûter le fruit de la Sagesse de Dieu par la fidèle imitation de l'envoyé de Dieu ? C'est un chemin qui m'attire. Je précise qu'il est d'avance frustrant pour moi, car j'aime discourir, pérorer, or l'apôtre Paul nous prévient que ce qu'on trouve là surpasse toute pensée, car la Sagesse de Dieu se manifeste dans le tout de l'homme, dans son corps, et pas seulement dans son intelligence... Mais ai-je le choix mes frères ?!

 

Posté par ulyssen à 02:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Amour ou pouvoir ?

Depuis ce blog j'arrive à parler, quelle liberté de pouvoir s'épancher ! Je voudrais écrire comme un ivrogne, dans l'exclamation et la naïveté, dans la jouissance que rien ne réfrène... J'ai vécu le triduum pascal, entre ennui et creusement de ma vie intérieure. Parfois une parole surgit dans les célébrations, comme un rayon de soleil qui perce le ciel gris et nous fait entrevoir la clarté aveuglante qui règne paisiblement au-dessus de ce que nous voyons quand on lève les yeux, insatisfaits de nos vies en ce monde. Problème, je prétends parler, dire ce qui m'est inaccessible, inévitablement je réduis l'irréductible à ma mesure, qu'à travers mes mots souffle l'esprit dont tu ne sais ni d'où il vient ni où il va !! Car il y a bien du sacré, un sanctuaire, un lieu inviolable, un sommet de la montagne, élevé, où nul ne peut vivre et satisfaire son appétit, une gloire qui n'est pas nôtre et qui nous écrase. Danger du divin. Les chrétiens résolvent ce problème en divinisant la vaine aspiration des hommes au divin : "Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Et le voile du sanctuaire se déchire de haut en bas". Il n'y a que l'homme de l'ecce homo, radicalement abaissé, qui peut aimer Dieu sans avidité par rapport à ses biens, car sa faim est une faim de présence, il a compris dans sa chair la violence des pouvoirs et appelle son Père qui DOIT exister, il n'appelle pas l'ineffable, l'éternel, ou le tout-puissant. La difficulté que pose la foi chrétienne, dans cette perspective, c'est qu'il est difficile de reconnaître que ce que nous faisons chaque jour, aimer, suffit. La vie est si troublante, la "solution" doit être plus complexe que cela. Voilà la grande ascèse chrétienne, tout réduire, progressivement, à l'amour, se dépouiller du reste. Mais l'amour est-il si désirable ? Si l'on parle de ressenti, de bonne volonté, cela nous fait un absolu au rabais n'est-ce pas ? Il s'agit d'aimer en acte et dans la vérité comme le dit Jean dans son épître. Mais c'est à vivre, le goût de cet amour-là, je ne peux le suggérer.

Posté par ulyssen à 02:25 - Commentaires [1] - Permalien [#]

31 mai 2016

Qu'est-ce qui vous permet de vivre ?

Comment vous présenter ma foi ?

C’est dangereux, vouloir tenir ce qui permettrait d’accéder à l’absolu, tentation d’Adam, qui à l’écoute du serpent terrestre aux courtes vues veut saisir de sa main avide le fruit interdit de l’arbre de la connaissance du bon ou mauvais, ce fruit bon à manger et précieux pour agir en clairvoyance ! Que nous sachions ce qu’il faut que nous soyons, connaissions, voulions, et comment y parvenir… En pleine maîtrise, sans incertitude et sans aide. Que nous-mêmes, tels que nous sommes, dans notre nudité, nous nous fassions honte, que nous nous cachions et étouffions la voix en nous qui veut nous interroger sur notre solitude. Le péché originel, la transgression meurtrière première, qui se transmet de génération en génération malgré nous, jusqu’à se confondre avec notre condition humaine. Voilà l’ignoble péril qui me guette alors que j’essaie de VOUS parler, que sous de nobles motifs de surface, ce blog ne me serve qu’à me mirer et à faire bombance devant mon reflet, pathétique, triste.

Le Christ est considéré par les chrétiens comme le nouvel Adam : celui dont le Oui inconditionnel à Dieu lui a fait accepter la souffrance et la mort pour témoigner de son Amour, celui qui répare l'offense d’Adam. Et sur la croix, il est nu, sa main est ouverte...

C’est amusant, en vous parlant de ma difficulté à écrire sur ma foi j’ai déjà dit quelque chose… Le Christ est le cœur de ma foi. Comme le dit la tradition, n’est –il pas la lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde ? Et voici le résultat de la foi si je puis dire, résultat toujours précaire, l’interprétation de ce que nous vivons nous, tels que nous sommes, ici et maintenant, interprétation qui nous permet de vivre ce que nous vivons.

Posté par ulyssen à 21:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]